Cameroun,Exploitation de l'Homme: Malaise dans les plantations :: CAMEROON
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Le droit au travail a  été proclamé dans la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. L’article 23 de ce droit stipule : «Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage. » cet article nous permet de revenir sur les affrontements entre les agents de sécurité de la Ferme Suisse et les ouvriers agricoles le 4 mars dernier à Edéa. 

Le reporter de l’article paru dans le journal Mutations du 6 mars parle des populations qui dénoncent en fond la situation des ouvriers de cette entreprise: « le mal être et l’esclavagisme que leur inflige l’employeur ». Le tableau des plaintes ressemble à celui qui nous a été brossé lors de notre passage à Njombé Penja au mois de février. Pêle-mêle : Le salaire minimum interprofessionnel garanti  est dérisoire, la prise en charge médicale à l’infirmerie n’est pas toujours à la hauteur du mal,  le manque d’équipement de protection se pose parfois, les cours d’eau sont pollués par des produits phytosanitaires ou des déchets qui proviennent des usines. A ce chapelet, s’ajoute des licenciements abusifs. Au lieu de 8heures  de travail, les ouvriers sont contraints de travailler 10heures, voir 12 heures par jour sous peine de sanctions. Un ouvrier à Mbanga va avouer qu’il arrive parfois où seule sa ration journalière absorbe au bout d’un mois son salaire qui s’élève à 40.000 Fcfa. D’ailleurs  d’autres ouvriers affirment même que les salaires continuent à osciller entre 35 400Fcfa  pour le personnel temporaire et 42 000Fcfa pour le personnel permanent par mois.
Si cela peut paraitre excessif, mais force est de constater que d’importants dispositifs sécuritaires sont mis en place par les responsables de ces entreprises pour empêcher des vols dans les plantations au détriment de l’amélioration des conditions des travailleurs.

En plus, l’altercation  d’Edéa vient nous rappeler les émeutes de la faim en février 2008 où les manifestants à Njombé Penja criaient « Nous voulons que les Français nous paient bien. Nous sommes chez nous après tout, nous ne sommes pas des esclaves. »Informé de la situation, le Cardinal Christian Tumi avait résumé : « à Njombé Penja, les droits fondamentaux des gens ne sont pas respectés. »
Dans un contexte socioéconomique difficile, les autorités administratives doivent faire preuve d’intégrité en allant toucher du doigt les réalités sur le terrain tout en apportant bien sûr des solutions efficaces aux problèmes des travailleurs. La solution efficace n’est pas celle adoptée par une des mastodontes  de la banane dans le sud-ouest qui fait appel à la main d’œuvre nigériane en refusant de payer le minimum de garanti qu’exigent les camerounais.

En somme, selon l’Organisation internationale du travail : Le travail décent regroupe l’accès à un travail productif et convenablement rémunéré, la sécurité sur le lieu de travail et la protection sociale pour les familles, de meilleures perspectives de développement personnel et d’insertion sociale, la liberté pour les individus d’exprimer leurs revendications, de s’organiser et de participer aux décisions qui affectent leur vie, et l’égalité des chances et de traitement pour tous, hommes et femmes.

© Diapason : Léon MGBA

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