Cameroun, Marie-Thérèse Abena Ondoa: « L’égalité est possible, si les pesanteurs socioculturelles sont levées » :: CAMEROON
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Le ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille explique.[...] La femme joue ces multiples rôles, qu’elle exerce un emploi rémunéré ou non. Ce qui pose non seulement la problématique de la conciliation de ses activités professionnelles avec ses activités domestiques, mais aussi celle de la reconnaissance et de la valorisation de ses différentes fonctions au sein du couple, dans la famille et dans la communauté

Madame le ministre, l’on célèbre ce 8 mars, la Journée internationale de la femme. Le thème de cette 32e édition porte sur  « Les femmes dans un monde de travail en mutation : planète 50-50 d’ici 2030 ».  Quelle est la pertinence de ce thème pour les femmes camerounaises ?

Ce thème cadre avec les orientations de l’Organisation des Nations unies, relatives aux stratégies d’accélération du programme de développement durable à l’horizon 2030 et à la mise en place d’une dynamique favorable à la réalisation effective des Objectifs de développement durable (ODD). Il s’inscrit de ce fait dans l’opérationnalisation du 5e ODD : «Parvenir à l'égalité des sexes et autonomiser les  femmes ». Le Cameroun, membre des Nations Unies, a souscrit entièrement aux engagements pris au niveau international, en matière de promotion et de protection de la femme dans tous les domaines de la vie sociale. La pertinence de ce thème apparait indéniable, au regard de la situation vécue par les femmes dans le monde du travail dans le contexte camerounais. En effet, en dépit de leur poids démographique (50,6% selon les résultats du 5e RGPH, publiés en 2010), les femmes sont faiblement représentées dans les sphères décisionnelles de l’Etat sur tous les plans (législatif, exécutif, commandement, judiciaire, diplomatie, management organisationnel, gestion communale, etc.).
Les résultats de la deuxième Enquête sur l'emploi et le secteur informel (EESI 2-2010), montrent que les femmes sont les plus touchées par le chômage, avec un taux de 4,5% contre 3,1% chez les hommes. En outre, elles exercent beaucoup plus dans le secteur informel qui concentre 92,0% de la population féminine, contre 8,0% dans le secteur formel public et privé. Or, ce secteur est caractérisé par un manque de structuration et une extrême précarité. Par conséquent, les femmes sont touchées de manière disproportionnée par la pauvreté, la discrimination et l'exploitation. Au niveau de la famille, il faut relever que la division traditionnelle du travail confine la femme dans les sphères domestiques, notamment les activités ménagères, tandis que les hommes exercent plus dans la vie publique. La femme, mère ou épouse, a la charge sociale du fonctionnement de la vie domestique. Elle assure la préparation des repas, les soins et l’éducation des enfants, des malades et des personnes âgées, l’approvisionnement de la famille en eau et en énergie domestique, l’hygiène et l’assainissement. Impliquée aussi dans l’entretien des infrastructures domestiques, elle prend une part active dans les activités productives notamment pour assurer la sécurité alimentaire. La femme soutient également l’homme dans sa charge sociale à la tête de la famille et dans certaines communautés, elle joue un rôle important dans les sociétés secrètes et particulières. Elle prend en charge tout ce qui concourt à l’organisation des conditions favorables à l’accomplissement du rôle de l’homme et en cas d’incapacité de ce dernier, la femme se réfère à la famille de son conjoint pour d’éventuelles décisions.
La femme joue ces multiples rôles, qu’elle exerce un emploi rémunéré ou non. Ce qui pose non seulement la problématique de la conciliation de ses activités professionnelles avec ses activités domestiques, mais aussi celle de la reconnaissance et de la valorisation de ses différentes fonctions au sein du couple, dans la famille et dans la communauté. D’où l’importance de la réflexion engagée dans le cadre de cette célébration de la Journée internationale de la femme, qui traduit la détermination du gouvernement à promouvoir un environnement socioculturel et économique favorable à la réduction des inégalités hommes/ femmes dans le monde du travail d'ici 2030.

« Planète 50-50 d’ici 2030 », n’est-ce pas un slogan de plus, une utopie?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je voudrais rappeler que Planète 50-50 est une initiative d’ONU Femmes (Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des Femmes), qui met l’accent sur la nécessité de renforcer les mesures garantissant aux hommes et aux femmes, aux filles et aux garçons les mêmes chances et opportunités dans tous les domaines de la vie sociale, de manière à assurer l'égalité et l'équité entre ces deux composantes sociales.  Il ne s’agit donc pas d’un slogan de plus, encore moins d’une utopie. C’est un objectif de développement qui cadre parfaitement avec les priorités du gouvernement en matière de promotion de l’égalité des droits humains.  L’objectif 50-50 vise la croissance inclusive et le plein épanouissement de toutes les composantes de la société, hommes et femmes, filles et garçons, en tenant compte des besoins spécifiques de chaque catégorie ciblée. Les femmes apportent une contribution énorme à l’essor de notre économie, au sein des entreprises, dans les exploitations agricoles, par le travail non rémunéré qu’elles font inlassablement au sein des foyers pour assurer la survie de leurs familles. Mais elles sont les plus touchées par la pauvreté, la discrimination et les abus de toutes sortes, ce qui accentue leur vulnérabilité. C’est pour améliorer cette situation que le gouvernement renforce les synergies avec divers partenaires, aussi bien nationaux qu’internationaux, afin que des stratégies plus novatrices soient développées en faveur de l’autonomisation des femmes, celle-ci apparaissant comme la voie la plus sûre pour parvenir à cette égalité. Je suis convaincue que si chacun joue sa partition dans son milieu de vie, dans son secteur d’activités, cet objectif pourra se traduire en réalisations concrètes.

Dans nos sociétés qui sont encore essentiellement traditionnelles, une égalité sans limites est-elle possible ?

S’il est admis que nos sociétés sont encore profondément ancrées dans la culture et la tradition, l’on doit tout de même reconnaitre que les transformations sociales intervenues ces dernières décennies ont contribué à modifier considérablement les modes de fonctionnement de nos familles et communautés. L’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi, à la formation, aux opportunités économiques … est reconnu à tous sans discrimination de sexe. Une attention de plus en plus grande est portée aux questions d'égalité des sexes et la population devient progressivement disposée à soutenir les femmes pour rendre leur participation à la vie politique et publique plus effective. Des progrès ont été réalisés dans le domaine de l’information, de la formation et de la sensibilisation, notamment grâce aux actions diverses développées par le gouvernement, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile dans ce domaine.
L’Etat du Cameroun est engagé dans cette voie de promotion de l’égalité entre les sexes, notamment sur le plan politique. Pour prendre un exemple simple, le quota de représentativité des femmes dans ce domaine, retenu au niveau international, est de 30%. Le Cameroun a dépassé ce quota après les dernières élections législatives, qui ont porté le nombre de femmes députées à l’Assemblée nationale à 56, sur un total de 180 députés. Les résultats des actions multiples menées sont de plus en plus palpables. Les femmes sont de plus en plus éduquées, elles sont plus présentes dans les filières scientifiques et technologiques où elles excellent par la qualité de leur travail. Elles occupent des postes de responsabilité aussi bien dans le secteur public que privé. Elles sont de plus représentées dans les secteurs d’activités les plus insoupçonnés il y’a quelques années encore. Il n’y a véritablement plus de métiers réservés aux hommes car les femmes ont su progressivement s’y faire de la place et leurs compétences sont valorisées. L’égalité est donc possible, si les pesanteurs socioculturelles sont levées, si les populations et l’ensemble des acteurs s’approprient les différents contours de ce concept et si les hommes s’impliquent de manière plus effective dans les actions préconisées pour une société plus juste, harmonieuse, égalitaire, respectueuse des droits de tous et prenant en compte les besoins spécifiques de certaines catégories sociales.

Quels sont les impératifs en termes de capacité nationale pour un monde 50-50 d’ici 2030 ?

Pour atteindre l’objectif 50-50 d’ici 2030, il y a effectivement un besoin de renforcement des capacités nationales dans tous les domaines, le développement d’un pays étant conditionné par la qualité de ses institutions, de la pertinence des politiques, programmes et projets et des compétences des hommes chargés d’en assurer la mise en œuvre. Le Cameroun étant résolument engagé dans le processus devant le conduire à son émergence en 2035, il est indéniable que la réalisation des projets structurants nécessite des ressources humaines en quantité et en qualité, d’où la nécessité d’une mise en place de programmes de formation plus adaptés aux besoins des populations et aux réalités locales. Des actions y relatives sont en cours dans divers départements ministériels et dans les institutions de formation. Le développement des ressources humaines s’accompagne également du renforcement des canaux de communication plus adaptés aux cibles, afin de vulgariser des messages visant la promotion de l’égalité des chances auprès des populations, à tous les niveaux de la pyramide sociale.

Que gagnerait le Cameroun à aboutir à une parité 50-50 ?

La mise en œuvre de la parité 50-50 constitue un avantage certain pour le pays en ce sens qu’elle favorise la réduction des disparités existantes entre les hommes et les femmes, les filles et les garçons dans divers domaines de la vie nationale ; constitue un gage de la paix, de l’harmonie et de la cohésion sociale ; offre des chances et opportunités égales à toutes les composantes sociales, contribuant ainsi au bien-être des familles et des communautés. Elle prend également en compte l’importance du rôle que chacun est appelé à jouer dans la société;
valorise le savoir-faire, le savoir-être et le savoir-vivre des différentes catégories sociales ; facilite le vivre-ensemble, dans un contexte mondial marqué par les conflits de tous ordres. Si la parité 50-50 est atteinte, le Cameroun disposera des hommes et des femmes mieux outillés, plus aptes à se prendre en charge, à contribuer au bien-être de leurs familles, à gérer convenablement leurs activités communautaires et économiques, à augmenter leurs potentialités et leurs revenus, et à booster la croissance économique de la communauté et du pays. Mais pour que cela soit effectif, tous les acteurs sociaux (les parents, les familles, les autorités traditionnelles et religieuses, les leaders d’associations, les institutions nationales, les partenaires au développement) devraient se sentir concernés et s’impliquer, afin que les transformations sociales souhaitées puissent porter des fruits.

© Cameroon-Tribune : Yvette MBASSI-BIKELE

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