Le nécessaire changement de mentalités
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Le Cameroun est un havre de paix et une terre d’hospitalité. Cela est connu dans le monde entier. C’est donc tout  bonnement  que  ses populations y ont toujours vécu dans la quiétude, accueillant à bras ouverts visiteurs,  réfugiés  et  autres  étrangers  à  la recherche d’un asile d’une meilleure fortune. Un état de grâce privilégié qui a pu développer des négligences et un certain laxisme  dans  les  comportements  des Camerounais. «Les gens se sont tellement habitués à vivre dans la paix dans ce pays qu’ils ne trouvent plus rien de bizarre ou d’anormal  dans  certaines  pratiques. Aujourd’hui,  un  type  peut  se  mettre  à creuser un énorme trou au niveau du rondpoint de la poste centrale, ou même sur le boulevard du 20 mai, sans que personne ne lui pose de question. Nous étions dans une zone de grand confort, ne voyant plus certains travers. Cette désinvolture ne peut pas prospérer de nos jours», relate un observateur, étudiant en sociologie.

Hélas, l’état de grâce a effectivement pris fin avec les activités de la secte terroriste Boko Haram à nos frontières, puis à l’intérieur du territoire national. Depuis juillet dernier, le Cameroun a découvert une autre facette hideuse de la secte terroriste,  faisant  la  triste  expérience  des bombes humaines. Sur le carreau, plus d’une cinquantaine de morts, davantage de blessés encore et une psychose sans précédent sur l’ensemble du pays.

Tirant les conséquences de cette situation sécuritaire, le gouvernement a décidé de nouvelles mesures de protection des populations.  Mais,  ces  activités  terroristes doivent également conduire à une prise de conscience du danger immanent, de même qu’à un virage à 180 degrés dans les  mesures  de  sécurité  individuelles. Selon les experts et les autorités compétentes,  il  existe  des  comportements  à adopter que l’on soit en situation de menace ou au quotidien. De ce fait, la vigilance concerne tout le monde et implique tous  les  acteurs  de  la  vie  publique, économique et sociale de notre pays. 

Chaque citoyen favorise l’efficacité de la mise en œuvre des mesures de vigilance définies par l’État grâce à sa connaissance  du  dispositif,  sa  compréhension  des  mesures  et  son  adhésion  aux recommandations. De bons réflexes sont pour cela nécessaires à adopter. Il s’agit, précisément, de rester vigilant en permanence, même dans les périodes qui peuvent donner l’impression que la menace terroriste s’affaiblit. Il faut aussi respecter les consignes de sécurité principalement dans les lieux publics : ne pas laisser ses bagages sans surveillance, ne pas se garer devant des endroits qui font l’objet d’une interdiction, faciliter les contrôles effectués dans les transports et aux entrées des bâtiments ouverts au public.  

«De même, il est nécessaire de signaler toute activité suspecte, parce qu’elle vous semble inhabituelle, et qu’elle n’est pas caractéristique de l’endroit où vous vous trouvez. Une moto ou un véhicule qui barre ostensiblement l’entrée d’un édifice public, sans son conducteur, doit pouvoir parler à tout passant. Cette attitude de vigilance  a  permis  ces  derniers  jours  de déjouer de nombreuses tentatives d’attentats et d’actes de malveillance dans la région de l’Extrême Nord et dans d’autres parties du pays», assure une source sécuritaire introduite. Il est également nécessaire d’éviter les attroupements inutiles, les mouvements de panique et de faciliter les accès des unités de secours et d’intervention en cas de détresse. Ce sont peutêtre des détails, mais ils peuvent sauver des vies.  

Au  vu  du  modus  operandi  de  Boko Haram, la communauté musulmane et les enfants font désormais l’objet de toutes les attentions, tout comme les ressortissants  étrangers,  priés  de  montrer  patte blanche, sous peine d’expulsion. Certaines mesures annoncées en réponse aux attentats  de  Maroua  et  Fotokol  concernent uniquement  l’Extrême-Nord,  d’autres s’appliquent plus largement : interdiction des regroupements et fermeture des débits de boisson après 18 h, multiplication des contrôles et des fouilles, multiplication des  contrôles  et  des  fouilles,  renforcement des contrôles sur les axes routiers, interdiction  de  la  vente  à  la  sauvette, restriction de la circulation des véhicules à deux roues, interdiction du port du voile intégral, surveillance des mosquées…

Après le Tchad, il est normal que le Cameroun érige une série de mesures pour prévenir  toute  attaque  de  la  secte islamique. La plus controversée étant l’expulsion de populations étrangères basées dans l’Extrême-Nord du pays. Des centaines de Camerounais et de Nigérians ont  également  été  arrêtés,  soupçonnés d’avoir collaboré avec le groupe jihadiste. Une agence diligentée par le gouvernement camerounais sillonne les villages du Nord pour apprendre aux populations à reconnaitre un extrémiste. Quant à la Force commune régionale contre Boko Haram, forte de 8700 hommes, dont près de 2500 militaires, gendarmes, policiers et  personnels  civils  camerounais,  cette Force commune s’apprête à se déployer sur le front pour traquer les djihadistes de  Boko  Haram  jusqu’à  leur  dernier retranchement.  La mission confiée au général nigérian Illiya Abbah, récemment porté à la tête de la Force mixte est simple : éteindre définitivement Boko Haram. Pour mener à bien cette mission certes difficile mais pas insurmontable, la Force mixte pourra compter sur les appuis de puissances occidentales dans les domaines de la formation, de l’équipement et du renseignement. Et surtout de l’adhésion massive des populations des pays touchés par la menace Boko Haram.

© Le Détective : Patrick Tchouwa

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